| Ex-entartiste,
et émule du Dr Patch Adams,
François Gourd a un projet très
sérieux: changer le monde par
le rire et la désinvolture. Mais
quand vient le temps de s’impliquer
socialement, François Gourd n’entend
pas à rire. Il cesse de pelleter
les nuages et passe à l’action
pour pelleter les dollars et dégager
l’espoir.
«
Je ne suis pas un humoriste, mais un
humorissionnaire »
Depuis plusieurs
années déjà, l’improvisateur
François Gourd met sa folie et
son art au service de la société.
Il n’en est pas à ses premières
armes en ce qui a trait à l’action
sociale et politique et il connaît
bien la valeur d’un geste. Au
début des années 2000,
François Gourd rejoint le Dr
Patch Adams pour une mission en Russie.
Persuadé qu’on peut soulager
la souffrance par l’humour et
le rire, le Dr Adams (immortalisé
au cinéma par Robin Williams)
invite chaque année une armée
de clowns issus de tous les pays à
le suivre dans les orphelinats et les
hôpitaux les plus démunis
de la planète. « Il n’y
a rien de plus gratifiant que de faire
finalement craquer un jeune qui refuse
de se laisser aller à rire »
confie François Gourd. Il répètera
d’ailleurs l’expérience
en accompagnant le célèbre
médecin américain en Chine
et au Tibet.
En 2006, avec
des amis, François Gourd fonde
le parti Néo-Rhino - sur les
cendres de l’ancien parti fondé
par Jacques Ferron dans les années
60- et devient président et chef
du parti. Pas étonnant que le
programme du parti réclame l’abolition
des budgets militaires et l’abolition
des para-dis fiscaux. Le programme du
parti exprime la préoccupation
de l’humorissionnaire de canaliser
l’argent là où il
sera le plus utile à la société.
Avant celà il donnait déjà
dans la dénonciation-spectacle
avec l’entartisme. Ses cibles
? Les « péteux de broue
» qui encombrent la place publique
de leur suffisance et dont il cloue
le bec en leur lançant une tarte
à la crème en plein visage.
Il cesse cette activité en 1999,
soit depuis qu’il ne courre plus
assez vite dit-il à la blague.
Le délire
qui délie
François
Gourd a toujours été,
à l’instar des surréalistes,
un explorateur de l’irrationnel
et un joyeux pratiquant de la pensée
libre mise en action. À Montréal,
où il a grandi, il redoublait
systématiquement ses classes
et réussit l’exploit de
se faire mettre à la porte de
pas moins de trois collèges :
Brébeuf, Bourget et Notre-Dame.
À 17 ans, il obtient un emploi
d’été à Expo
67, où il découvre la
musique rock et les drogues douces.
Avec deux amis, en 1983 François
Gourd ouvre les Foufounes électriques.
C’est là qu’ont eu
lieu les premières séances
de peinture en direct et les premiers
festivals d’art vidéo et
électronique à Montréal.
Au bout de cinq ans, toujours sur une
pinotte, François Gourd quitte
les Foufs, met sur pied une série
de manifestations spontanées
(les Cabarets de la pleine lune, entre
autres) pour finalement se lancer dans
l’entartisme. Finalement., Guy
Laliberté du Cirque du Soleil
l’a engagé pour «
décontaminer sa compagnie ».
Le patron du Cirque du Soleil avait
besoin d’un « agent provocateur
» pour briser la routine et dérider
l’atmosphère au siège
social de la multinationale québécoise.
François
Gourd a aussi réalisé
quelques films - dont L’avis d’un
fou, La pharmacie de l’espoir,
et un autre sur le thème de "
la masturbation libre. Il signe également
des vestons récupérés
qu’il peint de superbes motifs
multicolores. Ce sont les « malades
manteaux ». Selon ce fou d’humour,
impossible d’être déprimé
avec un tel attirail sur le dos. Dans
ses temps libres, il donne des ateliers
sur comment ne rien faire. « Il
n’y a pas beaucoup de clients,
note-t-il. Les gens qui ont de l’argent
sont trop occupés pour participer.
»
« Mes
projets ?: Exporter la folie du Symfolium
à Cuba en 2010 avec Viva la evolucion!
»
Alors que le
Musée des beaux-arts accueille
l’exposition ¡Cuba! Art
et histoire de 1868 à nos jours,
François Gourd de son côté
projette d’exporter son Symfolium
à Cuba pour célébrer
son 10e anniversaire. Une façon
de rendre hommage à ce peuple
qui a toujours su conserver son humour
et sa joie de vivre malgré tout.
S’il a su garder sa pertinence
durant tout ce temps, c’est parce
que, d’une expérience à
l’autre, la plupart de ses gags
ont conservé une sorte de fraîcheur
tonique. Avec lui, tout à coup,
on respire.
Car, à travers ses délires
et ses frasques, François Gourd
essaie d’aider les gens.
«
J’aime la vie, et je suis heureux
par devoir. » - François
Gourd
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